Le mécanisme biologique qu’on a coutume d’appeler mimétisme s’opère selon deux modes bien distincts, la mimèse et le « mimétisme vrai ».
Le mécanisme biologique qu’on a coutume d’appeler mimétisme s’opère selon deux modes bien distincts, la mimèse et le « mimétisme vrai ».
La mimèse correspond à la faculté qu’ont de nombreuses espèces de se camoufler, de dissimuler leur présence au sein de l’environnement. Cette pratique est très répandue dans l’ensemble du monde animal. Son but est défensif lorsqu’il s’agit de se soustraire à la vue d’un prédateur ; un exemple caractéristique nous en est fourni par les mammifères et les oiseaux qui, en période hivernale, prennent une livrée blanche adaptée au sol enneigé. Certains animaux sont ainsi passés maîtres dans l’art du camouflage : chenilles et phasmes ressemblant à des végétaux, papillons ou sauterelles imitant des feuilles. À l’inverse, le camouflage offensif permet de mieux surprendre sa proie. Les félins à la robe tachetée et les poissons-pierres en fournissent de bons exemples.
Dans le cas du mimétisme vrai, les espèces ne cherchent nullement à se dissimuler mais, bien au contraire, se mettent en évidence. Leur stratégie est de se faire reconnaître par leurs prédateurs comme des espèces non comestibles, nocives ou urticantes. Pour ce faire, ces espèces arborent des livrées « avertissantes », signes de danger : grenouilles aux couleurs vives, insectes rayés de jaune et de noir, papillons rouges et noirs, etc. La stratégie la plus remarquable consiste à se faire passer pour une autre espèce . Dans cette tromperie, l’ espèce mime, vulnérable et comestible, a pris les traits de l’ espèce modèle, nocive ou vulnérante… et donc non comestible. Le but est clair : échapper aux prédateurs qui sont en quelque sorte les dupes de l’opération. Adepte de ce stratagème, la mouche volucelle, qu’on rencontre sous nos latitudes, imite la guêpe venimeuse. Sous les tropiques, les papillons offrent les plus remarquables exemples de mimétisme.
Joël Clary


|
Phyllie géante
|