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Sur les pas d’Ernest Chantre

 
Exposition Désirs d'éternité, rituels pour l'au-delà

Événement :
Sur les pas d'Ernest Chantre,
organisé le 4 septembre 2010
dans le cadre de l'exposition
Désirs d'éternité, rituels pour l'au-delà.

Présentation.

En histoire, l’approche biographique connaît un renouveau depuis plusieurs années. Les études menées dans le cadre de l’ouverture du Musée des Confluences ont permis de «revisiter» les collections anciennes et ont fait émergé des personnalités. Ernest Chantre est de celles-là.

La redécouverte récente d’une sépulture fouillée par Chantre dans le Caucase, et l’étude et le réexamen de ces restes humains, nous amènent à reconsidérer le rôle qu’il joua dans l’institution du musée. Pour cela il est indispensable de s’interroger sur la question des sources, dimension essentielle du travail biographique.

Et plus largement nous nous interrogeons sur la place qu’il occupa dans l’histoire scientifique lyonnaise, nationale et internationale.


Chronique : Ernest Chantre, un homme passionné - 1.

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Présentation - chronique 1.

Le Musée des Confluences organise le 4 septembre 2010 au musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal-Vienne une journée thématique autour d’une grande figure de l’archéologie lyonnaise du XIXe siècle : Ernest Chantre, sous-directeur du Muséum d’histoire naturelle de Lyon.

Héritier des collections du Muséum d’histoire naturelle de Lyon, le Musée des Confluences souhaite montrer que la science – bien loin de son image abstraite – a un visage humain. Il met ainsi à l’honneur les hommes à l’origine de son développement et porte à la connaissance du grand public la richesse de parcours singuliers.

Préparant son ouverture au public, le Musée des Confluences étudie le passé de son aîné. Issu de la réunion de grandes collections lyonnaises du XVIIIe siècle, le Muséum a été l’un des acteurs phare de la recherche et de la vulgarisation scientifique en France au XIXe siècle. Sous l’influence de personnalités telles que Claude Jourdan ou Louis Lortet, ses collections se sont étoffées à mesure que se dessinait son rayonnement national.

Dans ce contexte, une nouvelle collection historiographique centrée sur les grandes personnalités du Muséum d’histoire naturelle de Lyon, verra le jour fin 2011 : le premier opus retracera la vie et la carrière d’Ernest Chantre.

Archéologue et sous-directeur de l’institution, Ernest Chantre a rapporté une tombe de l’âge du fer d’une expédition dans le Caucase. Cette sépulture est actuellement présentée dans l’exposition « Désirs d’éternité » produite par le Musée des Confluences et exposée au Musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal-Vienne.

À l’occasion des études qui lui ont été consacrées, le Musée des Confluences a entrepris des recherches sur ce personnage et les membres de l’expédition de 1881, tant dans les archives publiques et privées qu’autour des objets rapportés du Caucase.

La journée thématique du 4 septembre présentera un premier bilan de ces travaux et donnera les orientations des futures recherches.

La mission dans le Caucase (1881).

Au XIXe siècle, le Caucase est considéré comme l’un des points clé pour la compréhension de la diffusion de la métallurgie en Europe. Ernest Chantre, dont l’âge du bronze en France est l’un des principaux sujets d’études, s’intéresse lui aussi à cette région encore très mal connue. Après une première mission préparatoire en 1879, il monte en 1881 une expédition destinée à éclaircir la phase de transition entre néolithique et âge des métaux.

Pour mener à bien cette mission scientifique, Chantre est accompagné de son ami Emile Bruyas , du préparateur-naturaliste du Muséum, Donat Motte, et du capitaine Maximilien Emile Barry , en qualité de photographe. Il entreprend des fouilles sur le site de Koban, une nécropole qui l’intéresse tout particulièrement puisqu’il s’agit selon lui de « la plus remarquable du Caucase, et dont l’intérêt n’a été qu’à peine entrevu par les premières observations ».

Suite à ces fouilles et à ses comparaisons avec le mobilier découvert sur d’autres sites, Chantre élabore l’hypothèse selon laquelle le Caucase n’est pas le berceau de l’âge du bronze, mais seulement une des voies ayant permis la diffusion de la métallurgie, venue d’Inde ou d’Iran. L’ouvrage qu’il publie à la suite de cette mission, Recherches paléoethnologiques dans la Russie méridionale et spécialement au Caucase et en Crimée, devient rapidement une référence dans le milieu scientifique français.

Légende de la carte de la Géorgie : Ernest Chantre a traversé la Turquie pour atteindre l’Arménie puis la Géorgie. Il a fait halte à Tiflis (aujourd’hui Tblissi) pour étudier le mobilier découvert dans les nécropoles de la région avant de se rendre sur plusieurs sites archéologiques dont Koban.

La « Dame de Koban »

Ernest Chantre rapporte de son expédition dans le Caucase une tombe de la nécropole de Koban, la sépulture n°9, qui contient les restes d’une femme accompagnée d’un riche mobilier funéraire en bronze.

Tombée dans l’oubli après son retrait de l’exposition permanente, la sépulture a été redécouverte en 2007 dans les collections du Musée des Confluences. Elle a suscité de nombreuses recherches historiographiques et fait l’objet d’une étude archéo-anthropologique qui a confirmé certaines hypothèses d’Ernest Chantre, notamment le sexe et la datation (environ 3500 av JC).

Légende des illustrations :
La tombe n°9 telle qu’elle a été découverte dans les réserves du musée en 2007.
La gravure de la même tombe réalisée par Ernest Chantre lors des fouilles de Koban.


Chronique : Ernest Chantre, un homme passionné - 2.

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Introduction - chronique 2.

Ernest Chantre fut non seulement un scientifique reconnu à la fin du XIXe siècle, mais également un grand donateur. Ses collections sont aujourd’hui réparties dans plusieurs grands musées européens dont le musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, le Muséum de Vienne ou encore le Musée d’histoire de la ville de Berlin. Un projet actuellement à l’étude prévoit la création d’une base de données à l’échelle européenne pour inventorier et rendre plus accessibles ces collections.

Suite à de nombreuses recherches, Ernest Chantre, sous-directeur du Muséum d’histoire naturelle de Lyon entre 1879 et 1909 sort progressivement de l’oubli. Cette année, en sus de la journée thématique du 4 septembre, il sera mis à l’honneur avec d’autres grands noms du muséum dans l’exposition organisée par le Musée des Confluences « Du Muséum au Musée des Confluences », qui ouvrira au musée gallo-romain de Fourvière le 16 décembre 2010.

Légende de l’illustration : Objets rapportés par Ernest Chantre de ses fouilles dans le Caucase et conservés au Musée des Confluences

Un homme dévoué tout entier à sa passion.

Ernest Chantre est un homme aux multiples champs d’intérêts. Géologue de formation, il s’initie rapidement à l’archéologie, puis à l’anthropologie, l’ethnologie et la préhistoire.

Au fil de sa carrière, il acquiert également des compétences en paléontologie, zoologie et botanique. Il mène ses recherches de façon précise et méthodique grâce aux collections conservées dans les musées et aux publications de ses confrères. Il correspond avec de nombreux savants dont Emile Cartailhac et Hippolyte Müller et participe aux congrès d’anthropologie nationaux et internationaux.

Chantre est également un homme de terrain, il mène des fouilles en France et effectue plusieurs missions en Asie et en Afrique pour le compte du Muséum dont il devient sous-directeur en 1879. Il publie de nombreux ouvrages et s’intéresse à la promotion de l’anthropologie et de l’ethnologie à Lyon, assurant des cours à l’université et au Muséum.

Sa vie privée passe longtemps après ses recherches. On a ainsi dit à son sujet : « Quant à sa vie privée, nous ne pouvons en parler, il n’en a pas. M. Chantre appartient à l’humanité ».

Jean-Baptiste Antoine Ernest Chantre, fils d’Auguste Chantre (1804-1889) et de son épouse Nelly Rolle (1808-1865) naît à Lyon le 14 janvier 1843. Il ne se marie qu’en 1886 avec Béllonie Bourdaret (1866-1952), issue comme lui d’un milieu aisé. Également passionnée de science, elle accompagne son mari dans ses missions et participe aux recherches. En 1893, elle publie À travers l’Arménie russe, ouvrage anthropologique issu de ces voyages.

La carrière de Chantre est brisée suite à une querelle avec Louis Lortet. Les deux hommes doivent quitter leurs fonctions en 1909, Lortet laissant la place à Claude Gaillard. Ernest Chantre réduit alors progressivement son activité, jusqu’à sa mort en 1924.

Légendes photo : En-tête du papier à lettres d’Ernest Chantre, représentant sa maison d’Ecully.
Photographie d’une tranchée sur le site de Yatele-Raja (Turquie) durant la mission de 1893-1894.

Chantre et les autres : l’effervescence intellectuelle des sciences humaines au XIXe siècle.

Au XIXe siècle, la science est à l’honneur dans les sociétés européennes. Comme au siècle précédent, on cherche à expliquer le monde et son fonctionnement, et on croit que les progrès scientifiques amèneront l’amélioration de la condition humaine. Cette idée est confortée par le développement d’un lien très fort entre science et industrie.

A la même époque, la science s’institutionnalise avec la création d’écoles, d’académies et de sociétés. Les savants eux-mêmes se spécialisent et se professionnalisent. Des réseaux de collaboration se constituent progressivement grâce à des revues spécialisées, des échanges de correspondance souvent transfrontaliers ou la tenue de congrès internationaux. La diffusion rapide des nouvelles découvertes stimule la recherche, entraînant ainsi une véritable émulation parmi la communauté scientifique.

Légende : Photographie de la galerie d’anthropologie du Muséum d’histoire naturelle de Lyon, conçue par Ernest Chantre.

Ernest Chantre et la question de l’âge du bronze en France.

La question des subdivisions chronologiques de la fin de la Préhistoire en France est l’un des premiers sujets de recherche d’Ernest Chantre. Dès 1864, il démontre l’existence de stations de l’âge de la pierre sur les bords du Rhône et fouille des cavernes en Savoie et dans le Dauphiné.

Suite à de nombreuses fouilles en Franche-Comté, dans les Alpes et en Italie du Nord, il considère que des peuples appartenant à la même culture vivaient dans ces régions et établit une chronologie de l’âge du Bronze en France avec trois principales phases.

Il émet ensuite l’hypothèse selon laquelle les civilisations de l’âge du bronze et du premier âge du fer se retrouvent dans toute l’Europe, même si elles n’apparaissent pas toutes en même temps et présentent des formes variées. Les théories de Chantre soulèvent des oppositions, notamment celle d’Alexandre Bertrand qui juge abusives les subdivisions de l’âge du bronze.

Légende photo : Extrait d’une lettre d’Ernest Chantre à Gabriel de Mortillet, datée du 24 mai 1882.



Conférences.

  • Ernest Chantre : éléments biographiques ou l’entreprise biographique à l’épreuve : écueils, défis, atouts du cas Chantre.
    Par Catherine Bodet, attachée de conservation au Musée des Confluences.
     
  • Débat scientifique et pratique archivistique des chercheurs.
    Les archives Ernest Chantre, entre conservation et dispersion.

    Par Julien Mathieu, responsable des fonds anciens et d’origine privée, Archives départementales du Rhône.
     
  • Ernest Chantre et le Caucase.
    Par Christine Lorre, conservateur du département d’archéologie comparée, Musée d’Archéologie nationale.
     
  • L'anthropologie à Lyon d'Ernest Chantre au XXIe siècle.
    Par Françoise le Mort, chargée de recherche au CNRS, affectée à l'UMR 5133 Archéorient : environnements et sociétés de l’Orient ancien, Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Lyon, en collaboration avec Patrice Courtaud, chargé de recherche au CNRS, affecté à l’UMR5199, LAPP PACEA, Laboratoire d’Anthropologie des Populations du Passé, Université de Bordeaux1.

Visite.

  • Visite singulière.
    Offerte aux participants aux conférences, animée par Catherine Bodet, attachée de conservation au Musée des Confluences.

Ernest Chantre

Ernest Chantre.

Infos pratiques

Musée Gallo-Romain
Route départementale 502
69560 Saint-Romain-en-Gal
Accessible aux personnes à mobilité réduite

Renseignements
04 74 53 74 01

Ouverture
du mardi au dimanche
de 10h à 18h
Fermeture le 1er mai

Entrée gratuite
pour l'événement Sur les pas d'Ernest Chantre.