En cette année commémorative du bicentenaire de la naissance de Charles Darwin et des 150 ans de la parution de son oeuvre majeure L’Origine des espèces, le Musée des Confluences vous présente ses nouvelles acquisitions parmi les plus spectaculaires : un dinosaure (Camarasaurus), une ponte de sauropode (dinosaure herbivore), un reptile marin (mosasaure) et plusieurs ammonites.
Vous retrouverez ces collections au Musée des Confluences, dans l’une des trois expositions de synthèse et de référence qui abordera la question de nos origines à travers celles de l’Univers, de la Terre et de la Vie.
L’évolution de la Vie a été jalonnée de bouleversements et d’extinctions. Ainsi, la disparition des dinosaures au cours de l'une de ces grandes crises constitue un évènement déterminant pour l'histoire des mammifères et notamment celle de la lignée humaine.
De sa découverte à sa présentation au public
Montage réalisé à partir des photos de Serge Xerri
Photos Patrick Ageneau
La disparition régulière des espèces est la conséquence d’une concurrence entre elles ou de leur impossibilité de s’adapter aux changements de l’environnement. Les extinctions dites «de masse», par contre, sont peu fréquentes. Elles sont rapides et touchent simultanément différentes espèces adaptées à divers environnements.
Celle d’il y a 65 millions d’années semble avoir été provoquée par la chute d’une énorme météorite dans le golfe du Mexique. L’énergie libérée par son impact serait 5 milliards de fois supérieure à celle de la bombe atomique d’Hiroshima.
Outre la formation d’un cratère de 200 kilomètres de diamètre, d’une dévastation totale sur plusieurs milliers de kilomètres alentour, des tsunamis gigantesques qui suivront, cette explosion renvoya dans l’atmosphère un énorme volume de roches pulvérisées.
L’atmosphère de la totalité du globe, rendue opaque pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, bloqua les rayons du soleil et empêcha le développement des plantes et la survie de ceux qui en dépendaient.
C’est ainsi que, par exemple, les grands dinosaures herbivores disparaîtront suivis par enchaînement de leurs prédateurs.
Parallèlement, d’autres organismes non dépendants de la végétation ont survécu et ont pu se développer en occupant la place laissée libre. Ce fut le cas des petits vertébrés terrestres, comme les lézards et les mammifères.
Une fois la poussière retombée à la surface du globe, la lumière revint et les plantes purent se développer de nouveau à partir de graines et de spores.
Depuis les premières preuves de son existence sur Terre, il y a 3,5 milliards d’années, la vie n’a cessé de se transformer. Témoins de cette vie passée, les fossiles nous permettent de comprendre l’origine et l’évolution des êtres vivants. Un fossile est le moulage naturel des restes d’un animal, d'un végétal, ou de leur simple empreinte laissée dans le sol. Lentement, les sédiments prennent leur place et conservent leur forme en devenant de la roche.
Pour cela, il faut que les sédiments recouvrent rapidement l'organisme mort, le mettant à l’abri de l’oxygène. Sinon, il disparaîtrait totalement sans laisser de trace. Comme les parties molles se décomposent trop rapidement, ce sont le plus souvent les parties dures (os, coquilles, etc.) qui se fossilisent.
La couleur du fossile n’est donc pas la couleur d'origine de l’organisme mais dépend de cette minéralisation.
Avant de connaître la signification de ces corps pétrifiés dans la roche, les sociétés humaines utilisaient déjà les fossiles comme offrandes ou objets magiques. Ils sont même à l’origine de nombreux mythes et croyances et possédaient pour certaines populations des vertus médicinales.
Les fossiles découverts ne représentent qu'une infime partie de l'ensemble des êtres vivants ayant peuplé notre planète. Ainsi, l'existence de bon nombre d'espèces préhistoriques non fossilisées restera à tout jamais insoupçonnée.
La fossilisation est le résultat d'un long processus aléatoire et exceptionnel, par
conséquent les fossiles ne sont jamais complets. On estime ainsi qu'un squelette est
"très complet" à partir de 70%.
La plupart de ceux présentés dans les musées sont "composites", c'est-à-dire
composés d'ossements de plusieurs individus de la même espèce.
Les squelettes de Camarasaurus et de mosasaure du Musée des Confluences sont d’un intérêt inestimable car complets à 80%. Constitués des os d'un seul animal, ils sont d’une très grande qualité de conservation. Les parties manquantes ont été reproduites et assemblées aux squelettes.
A son ouverture, le Musée des confluences sera le seul, en dehors des États-Unis, à présenter un Camarasaurus et le seul en France à présenter un mosasaure.
«Dinosaure» vient du grec deinos, «terrible» et sauros, «lézar ». Ce terme apparaît en 1842 et va produire pendant longtemps une fausse image auprès du public qui ne verra à travers lui que des monstres terrifiants, exclusivement de grande taille.
En fait, le terme dinosaure englobe un groupe de reptiles très diversifié qui a dominé la Terre pendant près de 165 millions d’années. Leur taille, suivant les espèces, variait de quelques dizaines de centimètres à près de quarante mètres de long.
L'étude des dinosaures, basée sur l’observation des fossiles et sur leur évolution dans le temps, a démontré que ces reptiles se déplaçaient sur deux ou quatre pattes redressées. Cette posture est bien différente de celle des reptiles actuels.
Nous ne connaissons aujourd’hui qu’un millier d’espèces de dinosaures environ, soit une petite partie de ceux qui ont existé.
Leurs plus anciens fossiles datent d’il y a près de 230 millions d'années.
C’est la chute d’une météorite s’écrasant sur la Terre, il y a 65 millions d’années, qui aurait entraîné une perturbation majeure de l’atmosphère, anéantissant une partie importante des espèces vivantes de cette époque, dont les dinosaures.
Actuellement, les scientifiques considèrent que les oiseaux sont leurs derniers descendants.
Ce squelette est celui d'un Camarasaurus, dinosaure herbivore, quadrupède, appartenant au groupe des plus grands animaux ayant jamais vécu sur la terre ferme : les sauropodes.
Apparus il y a 155 millions d’années, les Camarasaurus vivaient en troupeaux dans les forêts de conifères recouvrant l'Ouest des États-Unis. Ils pouvaient atteindre, à l'âge adulte, la taille maximale de 20 mètres de long et le poids d'une vingtaine de tonnes.
Ce spécimen découvert dans l'État du Wyoming, dans une couche datant de 150 millions mesure 14 mètres de long et 4,5 mètres de hauteur au garrot. L'animal pouvait lever la tête au moins à 7 mètres du sol. Ses dents pouvaient aussi bien broyer des plantes fibreuses, comme les fougères, qu'arracher de grandes bouchées d'aiguilles coriaces sur les branches des conifères. Ses pieds robustes étaient munis de grandes griffes.
Des amas de cailloux polis ont été retrouvés dans les mêmes sédiments. Ce sont sans doute des pierres qu'ils avalaient pour faciliter le broyage de leur nourriture végétale fibreuse et aider à leur digestion. Beaucoup d'oiseaux actuels font de même.
Les Camarasaurus ont disparu il y a 144 millions d’années.
Ce spécimen rare, en très bon état et à l’intérêt scientifique exceptionnel, deviendra, lors de l’ouverture du Musée des Confluences, le seul Camarasaurus authentique présenté en dehors des États-Unis.
L’apparition, il y a 350 millions d'années, d’un oeuf à la coquille minéralisée protégeant le foetus et renfermant un liquide qui l'hydrate fut une innovation très importante de l’évolution.
Alors que les vertébrés devaient jusqu'alors retourner dans l’eau pour y pondre, d’autres, comme les dinosaures, vont ainsi pouvoir pondre leurs oeufs sur la terre ferme et coloniser les continents.
Cette ponte de dinosaure provient de la région de Méze dans l’Hérault. Elle comprend 9 oeufs et date d’il y a 80 millions d’années.
Même s’il est difficile de définir avec précision le genre de dinosaure qui a pondu ces oeufs, on peut avancer qu’il s’agit d’un sauropode (grand dinosaure herbivore).
Certains gisements paléontologiques, comme la réserve géologique de la Sainte- Victoire près d'Aix-en-Provence, livrent de grandes concentrations d’oeufs de dinosaure, le plus souvent attribuées à la même espèce. Cela prouverait que certains dinosaures se retrouvaient chaque année sur un même lieu de nidification pour pondre.
Ce squelette de 9 mètres de long est celui d'un mosasaure, âgé de 70 millions d'années, trouvé dans des carrières de phosphate au Maroc. Ces grands reptiles marins ont vécu à partir d'il y a 90 millions d’années.
Les mosasaures auraient un ancêtre terrestre commun avec les grands lézards actuels que sont les varans. Au cours de leur évolution, les mosasaures se sont remarquablement adaptés au milieu aquatique.
L’augmentation du nombre de vertèbres et une queue aplatie latéralement lui permettaient de se déplacer rapidement par ondulation. Ses pattes transformées en nageoires faisaient office de gouvernail.
Les oeufs étant incubés et éclosant à l’intérieur du ventre des femelles, elles n'avaient plus besoin de revenir sur la terre ferme pour pondre. Cependant, avec un système respiratoire pulmonaire, les mosasaures devaient remonter à la surface pour respirer.
Ses longues et puissantes mâchoires à large ouverture et son palais muni de dents lui permettaient d'attaquer et de ma intenir dans sa gueule de grosses proies (tortues marines, grosses ammonites, etc.).
Les mosasaures étaient de redoutables prédateurs.
Ils finirent pourtant par disparaître il y a 65 millions d'années, en même temps que d’autres grands reptiles marins comme les plésiosaures, ou terrestres comme les dinosaures.
Les ammonites étaient des mollusques marins, carnivores et nageurs par propulsion. Pourvus de tentacules, ils ressemblaient aux poulpes actuels, mais étaient protégés par une coquille dure.
Apparus il y a environ 400 millions d’années, ces céphalopodes ont colonisé la totalité des mers et des océans. L’intérieur de la coquille était cloisonné en plusieurs loges. Alors que l’animal vivait dans celle ouverte sur l’extérieur, les autres étaient remplies de gaz et lui servaient, tels les ballasts d’un sous- marin, à se déplacer verticalement d’une profondeur à une autre.
Les milliers d'espèces qui composaient ce groupe ont développé une multitude de formes (enroulées ou déroulées) et de tailles (de quelques millimètres à plus de 2 mètres de diamètre).
La plupart des spécialistes considèrent que leur extinction, il y a 65 millions d’années, pourrait résulter d'une succession d'événements ayant réduit leur diversité. Mais le point final fut apporté par la chute d’une météorite gigantesque, associée à un énorme épisode volcanique, qui entraînèrent la disparition presque totale du plancton, des oeufs, des jeunes ammonites et ainsi de tout le groupe.
Leur plus proche parent actuel est le nautile.
Un dinosaure en Presqu'île
Chambre de Commerce et d'Industrie de Lyon
Place de la Bourse
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