Musée des confluences

Robe, Kitarentse, féminine

Kitarentse

 

Description

Ce vêtement est porté traditionnellement par les femmes Ashaninka.

Elle a été achetée à la coopérative Ayonpare du village d’Apixtwa, sur le territoire indigène Ashaninka, dans l’état de l’Acre au Brésil, lors de la mission de collecte du musée des Confluences en juin/juillet 2019. Elle fait partie des 139 pièces qui constituent aujourd’hui la collection Ashaninka du fonds des collections du bassin amazonien du musée.

La matière première est un tissu de coton acheté en ville, de couleurs pouvant varier du bleu au vert, à l’orangé ou encore au rouge plus prononcé. Les motifs sont obtenus par application à la main et à l’aide d’une brosse à dent, d’argile collectée au fleuve Amônia, qui borde le village d’Apiwtxa, mixé avec un peu de liquide tinctorial végétal. La pâte obtenue est appliquée directement sur le textile pour former les motifs désirés en réserve. Après un temps de séchage, la robe est plongée à plusieurs reprises dans l’eau afin de libérer les motifs de la pâte d’argile. Un deuxième temps de séchage est nécessaire avant l’étape de la couture, qui laissera un passage pour la tête et les deux bras.

La robe peut être portée en toutes circonstances, quotidiennement ou lors de festivités. Elle est considérée par les Ashaninka comme leur seconde peau. Une version totalement noire et sans motifs peut également être portée par les femmes. Les petites et jeunes filles portent également ce type de robe qui est alors simplement ajustée à la bonne taille.

Le panel des motifs n’est pas limité. La femme a le droit de produire des motifs déjà connus du répertoire Ashaninka comme le cobra, l’eau, la voie lactée, la chenille etc. mais elle peut tout aussi bien créer ses propres dessins selon son imagination. Les motifs sont systématiquement appliqués à l’horizontale, en différentes bandes séparées, contrairement aux motifs des robes des hommes, qui se lisent à la verticale et qui sont obtenus par le travail du tissage du coton.

 

Références bibliographiques

- PIMENTA José

« De l’échange traditionnel à l’économie du “développement durable”. La notion de “projet” entre les Ashaninka du Haut-Jurua (Amazonie brésilienne) », Cahiers du Brésil contemporain, 2006, 63-64, p. 17-50.

Reciprocidade, mercado e desigualdade social entre os Ashaninka do rio Amônia, Departamento de Antropologia (Série Antropologia, 392), 2006, Brasilia.

« Indigenismo e ambientalismo na Amazônia ocidental: a propósito dos Ashaninka do rio Amônia », Revista de antropologia, 2007, 50 (2), p. 633-681.

« Viver em comunidade. O processo de territorialização dos Ashaninka do rio Amônia », Anuário antropológico, 2008, p. 117-150.

« Parceiros de troca, parceiros de projetos. O ayompari e suas variações entre Ashaninka do Alto Juruá », in : Maria Inês Smiljanic, Stephen G. Baines et José Pimenta (org.), 2009, Faces da indianidade, Nexus, Curitiba, p. 101-126.

"'Parentes Diferentes: etnicidade e nacionalidade entre os Ashaninka na fronteira Brasil-Peru". Anuário Antropológico, 2011(I), p.91-119.

« Du « temps des patrons » au « temps des droits » : conflits interethniques et transformations politiques chez les Ashaninka d’Amazonie brésilienne », Journal de la société des américanistes, 2015, 101-1 et 2, 269-294.

- MENDES Margarete

Etnografia preliminar dos Ashaninka da Amazônia brasileira, mémoire de master en anthropologie, Universidade Estadual de Campinas (UNICAMP), 1991, Campinas.

- LENAERTS Marc

« Anthropologie des Indiens ashénika d’Amazonie, nos sœurs Manioc et l’étranger Jaguar», Recherches Amérique latine, Edition l’Harmattan, 2004.

 

Films / documentaires réalisés par des représentants Ashaninka :

“Shomõtsi” (2001)

Chronique du quotidien de Shomõtsi, un Ashaninka de la frontière entre le Pérou et le Brésil. Professeur et l’un des réalisateurs du village, Valdete dresse un portrait de son oncle, mordant et drôle. Film réalisé dans le cadre du projet "Video nas Aldeias".

“A Gente Luta, mas Come Fruta” (2006)

Gestion agroforestière réalisée par les Ashaninka du village APIWTXA sur la rivière Ammonia, Acre. Dans le film, ils enregistrent, d'une part, leur travail pour récupérer les ressources de leur réserve et repeupler leurs rivières et leurs forêts avec des espèces indigènes et, d'autre part, leur lutte contre les bûcherons qui envahissent leur région à la frontière avec le Pérou.

“Caminho para a Vida”, “Aprendizes do Futuro” e “Floresta Viva” (2004).

Trois films relatent la gestion agroforestière menée par les Ashaninka dans leur communauté sur la rivière Ammonia, Acre. " Caminho para a Vida " montre l'expérience de la gestion des tracajás, une espèce qui s'est raréfiée en raison de la grande consommation d'œufs et de viande. " Aprendizes do Futuro " montre le travail de récupération des sols dégradés réalisé avec la participation des enfants du village. "Floresta Viva" rapporte l'expérience d'un consortium d'espèces réalisé avec la participation de toute la communauté pour fournir une meilleure nourriture pour tous.

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
21 Février 2020