Musée des confluences

Le mystère des momies animales sous éclairage scientifique

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Le musée des Confluences met à la disposition de chercheurs du programme MAHES la plus importante collection de momies animales égyptiennes au monde afin de pénétrer le culte des animaux sacrés.

Une étroite collaboration entre les équipes du musée des Confluences et celle du programme MAHES

À partir de l’étude des momies animales conservées dans les sous-sols du Muséum de Lyon et de textes relatifs aux animaux sacrés, le programme de recherche MAHES (Momies Animales et Humaines Egyptiennes) a pour but de documenter et comprendre le culte organisé autour des animaux sacrés en Égypte ancienne, à travers ses pratiques funéraires et rituelles. Il s’agit notamment d’établir le mode opératoire et de caractériser les techniques de momification, de même que les rituels et croyances associés ou encore de préciser les rites accomplis au moment du deuil puis des funérailles.

Pour mener à bien ce passionnant programme scientifique, un partenariat a été signé en septembre 2012 entre le laboratoire CNRS « Archéologie des Sociétés Méditerranéennes » de Montpellier et le musée des Confluences de Lyon (Muséum d’histoire naturelle, ancien Musée Guimet). Cette convention met à disposition de l’équipe MAHES, pour étude et publication des résultats, la plus importante collection de momies animales au monde (hors d’Égypte) soit plus de 2500 spécimens ramenés de fouilles archéologiques vers 1900. Ce fonds exceptionnel regroupe un large éventail d’espèces momifiées (bovins, béliers, gazelles, chats domestiques, chats sauvages, servals, chiens, chacals, ichneumons, musaraignes, babouins, crocodiles, ibis, faucons, aigles, oies, serpents, poissons, etc.) sur une période d’au moins un millénaire, allant de la Basse Époque (VIIe s. av. J.-C.) aux premiers siècles de notre ère (période romaine).

Sous la houlette de Roger Lichtenberg (radiologue qui avait radiographié Ramsès II il y a 40 ans) et de Stéphanie Porcier (égypto-zoologue), en étroite collaboration avec les équipes du musée des Confluences, l’équipe du programme MAHES a déjà mesuré, photographié et répertorié au Muséum de Lyon l’ensemble des 2000 spécimens intacts que compte la collection. Un appareil radiographique numérique articulé de nouvelle génération (Mobilett-Mira Siemens) permet notamment d’explorer l’intérieur de pièces vieilles de 2700 ans. Déjà un coin du voile se lève sur les secrets d’un trésor inestimable…

Radiographie d'une momie de gazelle
Radiographie : Roger Lichtenberg

Un repérage rapide de la collection du musée des Confluences a d’ores et déjà permis de mettre en évidence deux types de momies : les momies "claires" qui pourraient être simplement desséchées ou traitées seulement avec du natron (mélange naturel de carbonate de sodium, de bicarbonate de sodium, de chlorure de sodium et de sulfate de sodium) et les momies "noires" qui pourraient avoir reçu un mélange de plusieurs résines auxquelles aurait peut-être été ajouté un corps gras. Outre les propriétés pharmacologiques (antiseptique, bactéricide et odoriférante) des plantes utilisées pour la momification, une réflexion sur les croyances associées à ces produits sera également amorcée. Les résultats obtenus seront confrontés à ceux connus pour les momies humaines afin de déterminer s’il y avait des différences de traitement entre humains et animaux momifiés et définir si les croyances associées à l’application de ces baumes étaient similaires. Cette étude - qui sera menée conjointement par les laboratoires CNRS « Archéologie des Sociétés Méditerranéennes » et « Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Écologie » début 2014- espère alimenter la question tout aussi pertinente de la raison d’être dans la culture égyptienne de la momification hormis la conservation immédiate du corps.

Pour les chercheurs du programme MAHES, en tous cas, le chantier ne fait que commencer.

L'équipe découvre l'image radiographique de la momie

Le programme de recherche « Momies Animales et Humaines EgyptienneS (MAHES) » est porté par Stéphanie Porcier (égypto-zoologue, UMR 5140 du CNRS) et Frédéric Servajean (Professeur à l’Université de Montpellier, UMR 5140 du CNRS). Ce programme a reçu le label "Laboratoires d’Excellence" et est financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) : "Investissement d'Avenir" NR-11-LABX-0032-01 Labex ARCHIMEDE.

Partenaires du Programme de recherche MAHES

Retrouvez les Mystérieuses momies animales dans le reportage de TF1 au journal de 20h du 3 juillet 2013.

 


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