Musée des confluences

On ne touche qu’avec les yeux !

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Vous avez forcément déjà entendu cette phrase qui, soit dit entre nous, ne nous aide pas à mieux comprendre pourquoi nous ne devons toucher que du regard. Mais le musée n’est-il qu’un lieu de la vision ? Le « visiteur » se résume-t-il seulement à celui « qui va voir » ?

Avant, on touchait avec les mains !

La pratique muséale n’est pas exempte de pratique kinesthésique. L’excellente introduction à la journée Partages 2013, organisée par le service éducation du musée du Louvre (Françoise Feger et Lila Jatlaoui) et intitulée Du Ne pas Toucher à la médiation multisensorielle, nous rappelle d’ailleurs comment, au XVIIe siècle, les œuvres exposées dans les cabinets de curiosité passaient de main en main sans vergogne, ou encore comment, fin XVIIIe siècle, les copistes traçaient directement sur les toiles pour la mise en carreau de leur copies ! Aujourd’hui une telle pratique est inimaginable, et ce, pour des raisons évidentes de conservation des collections.

Ne pas toucher pour protéger

Les consignes pour Ne pas toucher découlent d’une prise de conscience générale de la fragilité d’un patrimoine souvent unique : les objets exposés, qui ont traversé des décennies, des siècles voire des millions d’années, doivent être conservés dans les meilleures conditions possible pour pouvoir les transmettre aux générations futures. Parmi les facteurs de dégradation, on trouve la lumière, la poussière, les variations brusques de température et d’humidité, mais aussi et surtout les manipulations humaines.

Un simple doigt sur un objet peut déposer des poussières, de la sueur, des traces de savon ou de crème, voire des microorganismes (moisissures, bactéries, etc.) : il abîme donc irrévocablement ce dernier, surtout si ce geste est répété des milliers de fois !

Objets à toucher !

La soif d’éveil amène à la curiosité des sens, pour mieux comprendre le monde qui nous entoure : c’est pourquoi nous avons choisi, au musée des Confluences, de mettre à la disposition des visiteurs des Objets à toucher. En parcourant par exemple l’exposition permanente Origines, vous pourrez vous vanter d’avoir touché la Lune, ou de connaître parfaitement l’anatomie d'un crâne de Tarbosaure.

rhinocéros à toucher

Tarbosaure à toucher

Avec 400 objets de médiation, le musée organise également des ateliers à destination des enfants, des adultes et en partenariat avec les associations de personnes déficientes visuelles : chacun peut y découvrir des objets avec ses mains sans craindre de les abîmer. A titre d’exemple, vous pouvez d’ailleurs consulter L’Expérimentation tactile autour des céramiques du 20 novembre 2013 sur notre blog.

Pour faire simple

Les expositions sont, par défaut, à ne pas toucher. La surveillance des enfants et la bonne attitude de chacun permettent d’assurer la bonne conservation des objets pour les générations futures.

Sont à toucher les objets identifiés comme tels, ainsi que les objets de médiation destinés à l’éveil des publics.

crédits photographiques

Crânes de Tarbosaure (moulage) et de rhinocéros laineux dans Origines et tigres naturalisés dans Espèces, musée des Confluences (Lyon, France), Quentin Lafont et Olivier Garcin