Musée des confluences
Laura Foulquier
Professeur relais - Culture humaniste

 

Dans le cadre de la Délégation Académique aux Arts et à la Culture, Laura Foulquier est chargée de développer les relations dans le domaine des Sciences Humaines entre l'Education nationale et le musée des Confluences.

"Mes premiers contacts avec les œuvres se sont faites en cheminant dans les réserves. Il y a un côté magique et mystérieux à arpenter ce monde clos et protégé qui se dévoile peu à peu : on découvre alors des objets informes, momifiés dans des gazes, empaquetés dans des cartons, et qui soudain se dévoilent et deviennent œuvres d’art sous mes yeux ébahis. Fossiles, divinités inuit, coquillages océaniens, parures égyptiennes…

Me revient toujours en tête le passage dans lequel Raphaël de Valentin, le héros de La peau de chagrin de Balzac, furète, médusé, dans le capharnaüm que tient le vieil et mystérieux antiquaire qui va, bien malgré lui, concourir à sa perte. J’ai toujours en tête cet émerveillement enfantin à la vue de ces œuvres.

Je travaille au Collège Jean Moulin de Villefranche-sur-Saône. L’une des missions pour lesquelles j’ai été recrutée est l’ouverture artistique et culturelle : favoriser les rencontres de toutes sortes, pour construire ensemble, dans une dialectique féconde, ce projet formidable qu’est le parcours artistique et culturel de l’élève".


Les favoris de Laura Foulquier

- Cette sculpture inuit sur la création du monde.
Le matériau utilisé, l'os de baleine, est étonnant et le contraste entre ce matériau brut, expressif et l'albâtre, au contraire très lisse, très doux, rend bien l'idée de cette dualité entre le désordre du chaos et l'harmonie de la création. Le sculpteur illustre ici le mythe d’Arnaqtaaqtuq : un fœtus se métamorphose successivement en différents animaux avant de reprendre forme humain : La création du monde

- Cette écorce peinte aborigène de Gawirrin Gumana.
C'est un clin d'oeil à l'esprit même du musée : cette peinture sur écorce confronte deux univers distincts, matérialisés par des hachures croisées et des losanges. À la confluence de ces deux univers, les serpents Witij et Mundukul se rencontrent. Ces serpents sont des figures mythiques.

- Salt on Mina Mina, qui n'est ni plus ni moins qu'une cartographie d'un territoire arpenté par les ancêtres aborigènes. Ce maillage hypnotique et entêtant de points blancs sur ce fond noir évoque les terres de Mina Mina, dans le désert de Tanami, d’où est originaire l'artiste. A découvrir dans l'exposition permanente Sociétés, le théâtre des hommes.

- Cet homme au visage stylisé et barbu, découvert en Egypte. Le corps est épuré à l'extrême. On songe à des oeuvres contemporaines, comme celle de Constantin Brancusi ou Alexandre Archipenko. Ce que j'aime, c'est ce dialogue à travers le temps, la façon dont les formes entrent en résonance. Ce que j'aime c'est être touchée par la modernité d'une oeuvre créée il y a plusieurs millénaires. Je suis à chaque fois éberluée lorsque j'observe cette oeuvre d'une simplicité étonnante. A découvrir dans l'exposition permanente Eternités, visions de l'au-delà.

Enfin des événements qui font à mon sens toute la richesse et la diversité du musée : Torana Yudha de Kottarakkara Tampuran