Musée des confluences

Coiffe circulaire

 

utilisation

L’aheto, coiffe radiale spectaculaire, est créée pour l’initiation des garçons de la communauté Karaja au Brésil, répartie entre les Etats du Goias, de Mato Grosso, Para et Tocantins. Ce rite appelé hetôhoka (hetohoky, heto hyka) ou « Grande Maison » est encore largement pratiqué (d'après le catalogue L’art de la plume en Amazonie, 2001). Seuls les jeunes d'un certain âge et les hommes mariés peuvent porter le grand diadème en forme d'éventail lors de la cérémonie d'initiation des garçons à la maison des hommes (d'après D. Schoepf, 1985).

description

La coiffe se compose d’un support circulaire en vannerie, dans lequel vient s’enchâsser les filières de plumes. Une première filière se compose de pennes bleues (Ara ararauna et Ara macao), épointées. Une deuxième filière est constituée de grandes pennes blanches (Jabiru mycteria), également épointées, et au centre de cette filière se trouvent deux grandes pennes rouges (rectrices d’Ara macao). Ces deux plumes sont épointées et deux petites plumes multicolores (couvertures d’Ara macao) y sont fixées. De grandes tiges végétales rigides, munies de tectrices multicolores (Amazona xanthops et Ara macao) à leurs extrémités, sont fixés avec les filières de plumes et se déploient de manière rayonnante également (C. Benecchi, 2013).

Pour plus d’informations quant à l’organisation, aux techniques et plumes employées, se reporter au dossier documentaire réalisé par Camille Benecchi en 2013.

exposition

Cette coiffe sera présentée d'ici quelques mois dans l'exposition Espèces, dans la vitrine amazonienne, en remplacement de la coiffe-masque olok : les parures étant très fragiles et très sensibles à la lumière, elles ne peuvent être exposées que pendant un temps limité.

Dans les récits mythiques des Amérindiens d’Amazonie, les êtres vivants formaient à l’origine un ensemble culturel où humains et non humains n’étaient pas nettement distingués. Ils se sont ensuite différenciés morphologiquement en collectifs distincts correspondant aux différentes espèces. Mais tous restent considérés comme des personnes, ils sont dotés d’une âme, entretiennent des relations sociales et seule leur apparence les différencie. La pensée amérindienne tisse des liens entre tous les êtres vivants, un réseau très dense où aucun élément n’est important en soi. Contrairement à l’oiseau qui se distingue par le plumage de son espèce, l’être humain ne présente pas de livrée spécifique manifestant son ethnie. Les Amérindiens vont justement choisir la plume, symbole pour eux de l’ordre naturel, pour marquer l’identité culturelle et sociale de leur groupe.

sources complémentaires

archives

  • Benecchi Camille, Coiffe circulaire, dossier documentaire réalisé pour le musée des Confluences, 2013, cote Amus3274.
  • Benechhi Camille, Ornements de plumes de Guyane : des objets en situation muséale originaires des communautés amérindiennes, Comment concevoir les échanges culturels dans le cadre de la conservation-restauration ?, Avignon, École Supérieure d'Art, mémoire de fin d'études pour le diplôme national supérieur d'expression plastique, option art, mention conservation-restauration, 2012, 2 volumes, 221 et 33 p., cote Amus3265.

bibliographie

  • Coll, L'art de la plume en Amazonie, Paris, Somogy, 2001.
  • Coll, Cultures du monde : Chefs-d’œuvre du musée des Confluences, Paris, Glénat, 2006, p. 84

 

 

 

 

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
6 Juillet 2015
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon, France)