Musée des confluences

Collection de la nécropole de Koban

 

identification

La collection de la sépulture N°9 de la nécropole de Koban compte plus de 350 biens, couvrant la période de l’âge du fer, plus précisément il y a 3 500 ans av. J.-C. L’ensemble de la sépulture est décrit au niveau du bien dans la base de données Flora.

contexte

En 1881, Ernest Chantre, sous-directeur du muséum d'historie naturelle de Lyon (1879-1910), extrait cette sépulture et le mobilier funéraire associé lors des fouilles du site de Koban : ces fouilles sont menées dans le cadre d’une mission de recherche archéologique financée par le ministère français de l’Instruction publique. L'objectif est de mieux comprendre le passage du néolithique à l’âge des métaux. Chantre est accompagné d’Emile Bruyas, Donat Motte préparateur au muséum et du capitaine Maximilien Emile Barry, en qualité de photographe.

Pour réaliser l’étude scientifique de la sépulture, il se base sur l’étude comparative des mobiliers archéologiques, fondée sur sa culture archéologique et anthropologique. C’est ainsi qu’il conclut que Koban n’est pas le berceau de l’âge du bronze. Il décèle sur le mobilier en bronze une influence de la culture proche-orientale, mais aussi des caractéristiques propres à la culture de Koban.

Cette étude scientifique est publiée en 1887 sous le titre Recherches anthropologiques dans le Caucase : ces deux volumes font encore aujourd’hui référence.

description

Cet ensemble funéraire comprend les ossements d’une jeune femme, ainsi que le riche mobilier qui l’accompagnait dans sa tombe. Le mobilier est constitué de parures et d’ornements en bronze et de quelques contenants en bronze et en terre cuite.

Les différentes études menées ont permis de contextualiser plus précisément la sépulture, et les découvertes récentes confirment les observations de Chantre quant à la position du défunt : sur le côté droit, en position fléchie, à l’intérieur d’un espace funéraire. Ce dernier, en forme de caisson rectangulaire, est délimité par des dalles plates souvent en calcaire, posées de chant, ou parfois par des moellons irréguliers.

conditions d'accès et d'utilisation

Une partie de la collection est présentée dans l'exposition permanente Eternités. Les pièces exposées dans le parcours permanent ont fait l'objet de restaurations entre 2012 et 2014.

Le reste de la collection est conservé dans les réserves du musée et est accessible sur demande auprès du responsable de la collection, sous réserve de l’état de conservation.

sources complémentaires

autres collections

archives

  • Musée des Confluences
  • Archives municipales de Lyon
  • Archives municipales de Chambéry
  • Archives nationales

bibliographie

  • Bodet C., Mathieu J., 2014 - Autour des sources relatives à l’anthropologue et préhistorien Chantre : un exemple de coopération entre institutions patrimoniales. In. Penser, Classer, Administrer, pour une histoire croisée des collections. CTHS et Muséum National d'Histoire naturelle.
  • Chantre E., 1882 -  La nécropole de Koban en Osséthie (Caucase), Matériaux pour l’Histoire primitive et naturelle de l’Homme, XVIIIe année, 2e série, t. XIII.
  • Chantre E., 1885 - Recherches anthropologiques dans le Caucase, t. 1, Paris-Lyon.
  • Chantre E., 1886 - Recherches anthropologiques dans le Caucase, t. 2, Paris-Lyon.
  • Lorre C., 2007 - Ernest Chantre (1843-1924) et ses recherches dans la nécropole de Koban (Ossétie-du-Nord). In Actes du colloque « Histoire des collections », Lyon, Avril.
  • Schiltz V., 1979 - Les bronzes de Koban. In Archeologia, n° 128, mars, p. 28-43.

liste (non exhaustive) d'études de la sépulture de Koban

  • Colloque Histoire des collections, Hôtel du Département du Rhône Lyon, avril 2007.

Ernest Chantre (1843-1924) et ses recherches dans la nécropole de Koban (Ossétie-du-Nord), par Christine Lorre Conservateur du département d’archéologie comparée, Musée d’Archéologie nationale.

  • 10th International Conference on Ancient DNA and Related  Biomolecules, Münich, 10-13 octobre 2010.

L’étude paléoanthropologique de la sépulture de Koban par Estelle Herrscher, de l'Université d'Aix-Marseille et responsable du projet de recherche, a remporté le Prix du Meilleur Poster pour la Recherche. Par des analyses isotopiques menées sur les collections archéologiques du musée des Confluences, sa recherche met pour la première fois en évidence la consommation du millet dans le Caucase.

Cette conférence internationale a rassemblé des scientifiques européens, proches orientaux, canadiens, indiens et coréens. 50 communications orales ont été présentées. Avec l'obtention de ce prix, l'étude paléoanthropologique de la sépulture de Koban s’inscrit dans les grands projets de recherches en cours dans le domaine et offre au musée des Confluences une visibilité internationale. C'est ainsi que la collection du musée des Confluences, revisitée à l'aune des nouvelles connaissances par des technologies de pointe, s'inscrit dans des domaines de recherches les plus novateurs. Ont participé à l'équipe projet : Patrice Courtaud (PACEA , Bordeaux1) , Estelle Herrscher (CNRS, Aix Marseille), Françoise Le Mort (MOM, Lyon), Emmanuelle Vila (MOM, Lyon) et pour le musée des Confluences, Catherine Bodet et Christian Sermet.

Autour des sources relatives à l’anthropologue et préhistorien Chantre : un exemple de coopération trans-institutionnelle, par Catherine Bodet attachée de conservation au musée des Confluences à Lyon, et Julien Mathieu, responsable des archives privées aux Archives départementales du Rhône. Le programme du colloque est consultable en ligne.

Le millet et les pratiques alimentaires du Néolithique à l’âge du Bronze dans le Caucase, par Estelle Herrscher, anthropologue biologiste (chargée de Recherche au CNRS à Aix-en-Provence, responsable de ORIMIL. Cette journée d’étude a été organisée par PRALIM-pratiques alimentaires, approches diachroniques en Méditerranée. Un enregistrement sonore de l'intervention est disponible en ligne.

  • Tri et reclassement du mobilier funéraire de la nécropole de Koban.

Réalisé par le Musée d'Archéologie natioanle (MAN), en collaboration avec le muséum de Lyon et un jeune chercheur du Centre archéologique de Tbilissi, ce tri a justement pour but de corriger et de compléter certaines des propositions de restitution d’assemblages funéraires effectuées un peu rapidement à l’occasion du montage de l’exposition Avant les Scythes au Grand Palais en 1979, sous la direction de Jean-Pierre Mohen, alors conservateur au MAN.

L'actualité de ce programme, soutenu par l'agence nationale pour la recherche-ANR, est transmise via le blog AncientCaucasus.

 

programmes des activités culturelles proposées dans le cadre de l’exposition Désirs d’éternité, Musée gallo-romain de Saint-Romain en Gal, 2010

  • La nécropole de Koban (âge du Fer, Ossétie du Nord) : nouveaux regards sur une collection du XIXe siècle.

A la fin du XIXe siècle, Ernest Chantre, alors sous-directeur du muséum d’histoire naturelle de Lyon, entreprend des fouilles en Ossétie sur la nécropole de Koban. Il en rapporte différents vestiges archéologiques, dont des crânes humains et une sépulture complète. Dans le cadre du projet du musée des Confluences, cette tombe a été choisie pour illustrer les rites funéraires des populations du passé dans l’exposition Eternités, visions de l'au-delà. A cette occasion, les documents de l’époque ont été réexaminés et les ossements humains ont fait l’objet d’une analyse anthropobiologique, à la lumière des avancées récentes de la discipline. Les résultats obtenus sont présentés, ainsi que les perspectives de recherche qu’ils ouvrent. Par Estelle Herrscher, chargée de recherche au CNRS, UMR 6578, Unité d’Anthropologie bioculturelle, Aix-Marseille université, Françoise Le Mort, chargée de recherche au CNRS, affectée à l'UMR 5133 Archéorient : environnements et sociétés de l’Orient ancien, Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Lyon, Patrice Courtaud, chargé de recherche au CNRS, affecté à l’UMR5199, LAPP PACEA, Laboratoire d’Anthropologie des Populations du Passé, Université de Bordeaux1.

  • Donner du sens à l'insensé

Les rituels funéraires sont universels et ils fondent notre humanité. Ils permettent une transition essentielle du groupe et du mort. C'est l'entrée dans le deuil qui est l'enjeu principal des funérailles et c'est la place du mort qu'il s'agit de configurer. Les rituels funéraires nous affrontent ainsi à l'invisible, à l'inconnu, à l'altérité radicale. Ce sont des mots et des silences qui marquent la mise au travail de nos cultures. L'expérience la plus singulière s'articule ainsi au monde que nous avons en commun. Par Patrick Baudry, sociologue et professeur à l’Université Michel de Montaigne, Bordeaux 3, chercheur au CNRS.

  • Expérimentation tactile

Le musée des Confluences et Erasme (Conseil Général du Rhône) expérimentent un dispositif tactile de la tombe de Koban (nécropole de l’âge du fer, Ossétie du Nord).

Éditeur : 
musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
20 Janvier 2015
Crédits : 
musée des Confluences (Lyon, France)