Musée des confluences

Histoire du muséum de Lyon

 

résumé

Comme son titre l'indique, l'ouvrage retrace l'histoire du Muséum d'histoire naturelle de Lyon : après une introduction sur l'importance et l'ancienneté de l'institution, Louis David revient sur les grandes étapes de la vie du muséum :

1772-1789, le musée académique de l'Hôtel de Ville

L'histoire remonte en fait au XVIIe siècle avec le cabinet de curiosités créé à partir des années 1620 par 2 frères, Gaspard de Liergues et Balthasar de Monconys. Ce cabinet est vendu en 1700 à Jérôme Jean Pestalozzi, médecin à l'Hôtel-Dieu, qui l'enrichit et le transmet à son fils Antoine Joseph Pestalozzi. En 1772, la collection Monconys-Pestalozzi est vendue contre une rente viagère à la Ville de Lyon, qui la confie à l’Académie des Sciences, Belles-lettres et Arts de Lyon : ce cabinet d’histoire naturelle, qui rejoint la collection d'objets de Pierre Adamoli, ouvre au public en 1777 à l’Hôtel de Ville de Lyon. Il s'agit de l'ancêtre du muséum d’histoire naturelle de Lyon.

1789-1830, le muséum écartelé des années difficiles

La Révolution française entraîne la fermeture au public du cabinet mais ne l'affecte pas dans un premier temps, car son statut municipal l'exclut des biens séquestrés. Sans surveillance entre 1793 et 1796, les collections subissent un premier pillage par des amateurs sans scrupules, avant d'être prises en main par Jean Emmanuel Gilibert qui sera le directeur du cabinet entre 1802 et 1814. La naissance de l'Ecole centrale à Lyon constitue une étape essentielle pour sa sauvegarde et sa transmission, car chaque école doit comporter un cabinet de sciences naturelles et un Jardin botanique : aux collections initiales s'ajoutent alors les cabinets Imbert-Colomès (Soubry) et La Tourette, ainsi que les collections de Gilibert. Ces collections rejoignent le Jardin botanique en 1808 en s'installant dans l'ancien couvent de la Déserte, où le manque de moyens financiers et des locaux inadaptés font subir de nouvelles pertes, probablement exagérées par Jacques Philippe Mouton-Fontenille, qui succède à Gilibert en 1816 et vend une partie de ses collections à la Ville de Lyon. Les collections déménagent de nouveau à partir de 1818 pour revenir au Palais Saint-Pierre.

1830-1909, l'essor du muséum au Palais Saint-Pierre

Avec l'arrivée de Gabriel Prunelle à la tête de Lyon et de Claude Jourdan comme directeur entre 1832 et 1869, le cabinet d'histoire naturelle devient un véritable muséum et connaît une première période favorable ; il sert à l'enseignement de la faculté des Sciences et de l'école des Beaux-Arts, tout en rassemblant les richesses naturelles du bassin du Rhône. Claude Jourdan collecte et achète de nombreux spécimens, tandis que les dons affluent comme ceux de Jars en minéralogie, Mulsant en entomologie, Terver en malacologie ou encore Thiollière en paléontologie.

Avec la baisse du budget et le désintérêt progressif de son directeur, le musée décline de nouveau jusqu'à l'arrivée de Louis Lortet en 1870 : sa direction jusqu'en 1909 correspond à une réorganisation en profondeur du musée, qui devient plus scientifique et s'enrichit de nombreuses collections comme celles de Saporta, Falsan, Fontannes, Guimet, Locard, Morice ou encore Tholozan. En 1872, Lortet lance la revue scientifique du musée sous le nom d'Archives d'histoire naturelle de Lyon, dont la réputation entraîne des échanges de publications avec le monde entier. L'Association lyonnaise des amis des sciences naturelles est créée la même année et finance de nombreuses acquisitions comme le Mégaloceros, ou des montages de squelette comme celui du mammouth de Choulans. Des cours d'anthropologie sont confiés à Ernest Chantre entre 1870 et 1880, qui devient sous-directeur du muséum (1879-1909), et une galerie d'anthropologie est inaugurée en 1879 par de Broca. La même année, la collection paléontologique d'Eugène Dumortier entre au muséum et Chantre poursuit ses explorations scientifiques en Russie, Asie mineure et Afrique du Nord. Après avoir étudié les fossiles tertiaires et les animaux lacustres ou marins de Grèce et de Syrie, Lortet organise entre 1901 et 1909 une série de missions scientifiques en Haute-Egypte, dont il rapporte des objets pré-dynastiques (dont les fameux hommes barbus) et un ensemble considérable de momies animales.

Pourtant, l'essor du muséum est freiné par plusieurs facteurs, dont un orage de grêle en 1874, le manque de place pour les collections, la difficile cohabitation avec le musée des Beaux-Arts dans le Palais Saint-Pierre et l'échec de plusieurs tentatives pour construire un nouveau bâtiment dédié aux sciences naturelles. Lortet et Chantre quittent leus fonctions en 1909 et sont remplacés par Claude Gaillard, qui a participé avec Lortet aux fouilles en Egypte.

1911-1963, le nouveau muséum du boulevard des Belges

En 1909, la Ville de Lyon rachète le bâtiment Guimet qui, après le départ du 1er musée Guimet en 1888, a été réadapté par Tony Blein pour y installer un restaurant-brasserie et des salles de sport et de musique. Entre 1901 et 1909, ce bâtiment est géré par la Société frigorifique de Lyon, qui installe une patinoire dans ce qui deviendra plus tard la grande salle du muséum. En 1911, la Ville de Lyon affecte le bâtiment au muséum et demande à Emile Guimet d'y réinstaller en parallèle une partie des collections exposées entre 1879 et 1883. Le second musée Guimet est inauguré le 25 mai 1913 et le muséum d'histoire naturelle de Lyon le 14 juin 1914.

Claude Gaillard, entré au muséum comme préparateur en 1887, est encouragé par Lortet à reprendre des études et obtient ses diplômes en sciences naturelles : il devient spécialiste des oiseaux et mammifères fossiles et, avec Lortet, des animaux momifiés. Il lui revient d’organiser le déménagement des collections du muséum entre le Palais Saint-Pierre et le bâtiment Guimet, qui a lieu entre 1913 et 1933. Il sollicite des naturalistes pour l’aider à classer les collections de minéralogie, de paléontologie, de reptiles et de fossiles. Plusieurs salles sont inaugurées : l’anthropologie en 1925, la faune régionale en 1926 grâce à la donation de Claudius Côte, la géologie-paléontologie en 1928, l’anatomie comparée en 1930 et enfin la préhistoire en 1939.

En 1919 à la mort d’Emile Guimet, Claude Gaillard prend également la direction du second musée Guimet, avec l’aide des conservateurs successifs du musée des Beaux-Arts (Focillon, Rosenthal, Jullian). Benoît Fayolle est gardien-chef des 2 musées entre 1912 et 1939. En 1927 est inauguré le musée colonial de Lyon destiné à l’instruction des publics scolaires, en parallèle du musée colonial de la Chambre de commerce et d’industrie inauguré le 24 novembre 1924. Ses collections sont issues des objets présentés lors de l’exposition coloniale de Marseille de 1922, complétés par de nombreux dons ultérieurs et des prêts des 2 musées voisins, le muséum d’histoire naturelle et le musée Guimet. Ce musée colonial, qui portera plusieurs noms, est de fait dirigé par Benoît Fayolle, sans grande rigueur scientifique ni soin apportés aux mobiliers, tableaux et  photographies, qui constituent l’essentiel des collections. Il est fermé au public en 1968 au départ à la retraite de Fayolle, en même temps que le musée Guimet.

Jean Viret prend la direction du muséum en 1939 et la conserve jusqu’en 1962. Spécialiste des mammifères fossiles, il dirige notamment les fouilles de Saint-Vallier-sur-Rhône dont les fossiles sont conservés au muséum. Plus savant que gestionnaire, Viret laisse Benoît Fayolle prendre la direction du musée Guimet en juillet 1940. Le 27 août 1955, un orage de grêle détruit la verrière au-dessus de la grande salle, entraînant des dégâts considérables sur les collections et l’aménagement ; le muséum est fermé au public pendant 7 ans. Jean Viret est remplacé en 1963 par Louis David.

1963-1998, le renouveau du muséum

Directeur du muséum d'histoire naturelle de Lyon de 1963 à fin 1999, Louis David marque de son empreinte une institution qu'il a largement contribué à faire évoluer. Parmi ses réalisations :

  • il renforce l'équipe scientifique du musée en recrutant dans les années 1970 des conservateurs en sciences de la terre (Michel Philippe, 1975), sciences de la vie (Joël Clary, 1979) et en ethnographie (Roland Mourer, 1977) : ils sont à l’origine d’une politique scientifique et culturelle ambitieuse, avec une gestion plus rigoureuse et un enrichissement important des collections, notamment à la suite des fouilles menées par le muséum ;
  • il lance la rénovation progressive des expositions permanentes dans le bâtiment Guimet : la grande salle, très abîmée par l'orage de grêle en 1955 qui avait entraîné la fermeture du musée pendant 7 ans, est rénovée à plusieurs reprises (1967, 1995), avec une scénographie plus aérée. De nouveaux espaces sont proposés et inaugurés, comme la galerie de la protection de la nature en 1970, la section d'égyptologie en 1977, la galerie régionale rénovée en 1979 ou encore la section sur le monde des insectes en 1991 ;
  • après 2 expositions modestes proposées par Jean Viret, son prédécesseur, il met en place à partir de 1969 une programmation régulière d’expositions temporaires, avec 46 expositions «de prestige» et une dizaine plus modestes : le public répond présent et la fréquentation du musée augmente considérablement au cours de ces années ;
  • il poursuit la politique de publications scientifiques en reprenant les Nouvelles archives du museum d’histoire naturelle de Lyon, dont la parution devient plus régulière : 40 volumes des Nouvelles archives et 3 volumes de Mémoires paraissent sous sa direction. Ces publications donnent lieu à de nombreux échanges de revues et contribue à la notoriété internationale du muséum. Louis David s'attache également à vulgariser les sciences avec la série "L'homme et...", qui comprendra 27 volumes sur la préhistoire, les dinosaures, l'eau, le café, etc. Il s'intéresse également à l'histoire du muséum et publie plusieurs articles et ouvrages sur ce sujet ;
  • ouvrages et revues du musée sont souvent édités avec l'aide de l'Association Régionale de Paléontologie et Préhistoire et des Amis du Musée (ARPPAM), fondée par Louis David. L'ARPPAM participe également à l'enrichissement des collections ;
  • il lance l'informatisation des collections, devenue indispensable avec la conservation de plus de 2 millions d'objets ;
  • au départ de Benoît Fayolle en 1968, le second musée Guimet de Lyon et le musée colonial sont fermés au public. Louis David réintègre les objets du muséum qui étaient présentés dans ces deux musées, dont les collections sont fusionnées avec celles du muséum ; ce dernier prend alors le nom de "musée Guimet d'histoire naturelle" ;
  • les anciennes salles du musée colonial sont progressivement transformées pour y installer des laboratoires de moulage, restauration, taxidermie, photographie et de nouvelles réserves ;
  • avec l'aide de Roland Mourer, il fait déposer en 1979 la collection de l'Oeuvre de la Propagation de la Foi, propriété des Oeuvres Pontificales Missionnaires (OPM) ;
  • en 1991, la gestion du musée est transférée de la Ville de Lyon au Département du Rhône : le musée reprend alors son nom de muséum d'histoire naturelle de Lyon. Louis David propose un projet de rénovation plus large du bâtiment, afin de repenser en profondeur les espaces d'expositions, mieux accueillir les chercheurs et pallier la saturation des réserves en offrant aux objets de meilleures conditions de conservation : ce projet aboutira à l'ouverture en 2002 du Centre de conservation et d'étude des collections (CCEC).

L'ouvrage est complété par deux annexes :

Annexe 1, brève histoire du musée Guimet de Lyon

Louis David résume l'histoire du musée Guimet de Lyon, né de la volonté d'Emile Guimet de créer un musée des religions asiatiques à partir des collections rapportées de ses voyages au Japon, en Chine, en Inde et en Egypte. Le musée, construit par Jules Chatron, est inauguré le 30 septembre 1879 et comprend également une bibliothèque et des cours de langues. Le succès n'est pas au rendez-vous et dès 1883, Emile Guimet propose au ministre de l'Instruction publique le transfert à Paris, qui a lieu en 1888 et est suivi d'une inauguration en 1889. A la demande d'Edouard Herriot, maire de Lyon, Emile Guimet réinstalle des collections à partir de 1911 et le second musée Guimet de Lyon est inauguré le 25 mai 1913. Il est fermé au public en 1968 ; en 1978, ses collections sont partagées entre le musée des Beaux-Arts de Lyon et le musée gallo-romain de Fourvière ; ce qui reste dans le bâtiment Guimet est fusionné avec celles du muséum d'histoire naturelle de Lyon.

Annexe 2, repères dans la vie du Muséum

"Le public et la visite" revient sur les dates d'ouverture et de fermeture des organismes qui se sont succédé. "Les inaugurations et manifestations scientifiques" détaillent les ouvertures de nouvelles salles, très nombreuses sous Claude Gaillard et Louis David. La liste des expositions temporaires de prestige comprennent la période entre 1969 et 1997. Le musée connaît essentiellement une tutelle municipale (1772-1991), tandis que se succèdent les directeurs ; en 1991, la gestion passe au Département du Rhône. Une bibliographie clôt l'ouvrage : les archives, que Louis David a pourtant consultées, ne sont pas mentionnées.

source

Bibliothèque du musée des Confluences.

 

Éditeur : 
ARPPAM, muséum d'histoire naturelle de Lyon
Modifié le : 
10 Décembre 2016
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon-France), CC BY-SA