Musée des confluences

Lyon, une ville en terre ?

 

l'auteur

Anne-Sophie Clémençon est historienne des formes urbaines et de l’architecture, chargée de recherche CNRS au laboratoire Environnement-Ville-Société (EVS, UMR 5600, Université de Lyon) 

  • Université de Lyon, Environnement Ville Société (UMR 5600), Bio-Géophile,
  • Ecole Normale Supérieure de Lyon, Site René Descartes, Service Recherche
  • 15, parvis Descartes, BP7000. 69342 Lyon  cedex - France
  • Tel: +33 (0)4 37 37 62 10/ 04 72 07 83 89, bureau R 206.
  • Courrier électronique : anne-sophie.clemencon@ens-lyon.fr

exposition

Cette page est publiée en écho à l'exposition Ma terre première présentée au musée des Confluences (23/02/2016-17/07/2016). En complément de cette exposition sur la construction en terre, elle informe sur la mise en ligne, au sein de la Photothèque de la Bibliothèque Diderot de Lyon, d’une série inédite de photos réalisées par Anne-Sophie Clémençon : Lyon, une ville en terre ?. Elle propose un éclairage particulier sur la métropole lyonnaise qui pourrait bien être l’une des rares grandes villes européennes construite en pisé de terre dans des proportions aussi importantes, mettant ainsi l’accent sur la notion de « pisé urbain ». Elle complète aussi l’inventaire participatif du pisé à Lyon lancé par le musée et piloté par l’architecte Emmanuel Mille.

photothèque de la bibliothèque Diderot de Lyon : le fonds « Récits photographiques des mutations urbaines de la métropole de Lyon »

La publication sur le web de cette série de photos sur le pisé de terre s’effectue dans le cadre de la photothèque de la bibliothèque Diderot de Lyon, lancée en avril 2016. Après numérisation et post-traitement de l’ensemble des clichés argentiques, cette dernière publiera l’ensemble du fonds de l’auteure constitué à partir de 1978 : Récits photographiques des mutations urbaines de la métropole de Lyon. L’objectif de cette base de données conçue et gérée par Anne Courant, responsable du projet, est de donner une large visibilité à des corpus originaux de photographies, le plus souvent réalisées par des membres de la communauté scientifique, et de mettre ainsi en valeur la notion de « chercheur-photographe ». Ces corpus sont sélectionnés pour leurs qualités photographiques, leurs rapports avec les savoirs et la précision de leurs légendes. Ils sont présentés avec des outils de recherche avancés, une indexation scientifique et de nombreux compléments : textes de présentation, références de publications et liens externes.

Accès direct : https://phototheque.bibliotheque-diderot.fr/

présentation de la série photographique Lyon, une ville en terre ?

Entre 1981 et 1983, deux historiennes des formes urbaines et de l’architecture, Dominique Bertin et Anne-Sophie Clémençon réalisent, en collaboration avec l’ethnologue Domar Idrissi, le premier inventaire de l’architecture de terre de la région lyonnaise. Ce travail révèle alors que Lyon est l’une des rares grandes villes européennes construite en pisé de terre dans des proportions aussi importantes et met l’accent sur la notion de « pisé urbain ». Il s’effectue dans le cadre de l’équipe de recherche de l’Institut d’histoire de l’art de l’Université Lyon 2, à la demande du centre d’étude de la terre Craterre de Grenoble, qui lance cette recherche.

Les photos réalisées en 1981 par Anne-Sophie Clémençon à l’occasion de cet inventaire sont présentées ici pour la première fois. Elles donnent à voir une image surprenante de la ville d’il y a seulement 35 ans. En mettant l’accent sur l’architecture en terre, elles nous montrent une agglomération en pleine mutation. L’architecture populaire y est encore largement répandue, y compris dans les zones les plus centrales comme la Part-Dieu ou le 6e arrondissement, mais elle est en train de disparaître rapidement. Les photos concernent les quartiers suivants : Lyon nord, le quartier de la Croix-Rousse (4e arrondissement) ; Lyon ouest, le quartier de Saint-Just (5e arrondissement) ; Lyon est, la rive gauche du Rhône (6e, 3e, 7e, 8e arrondissements) ; la commune de Caluire-et-Cuire, la commune de Tassin-la-Demi-Lune, et d’autres communes (Villeurbanne, Bron, la Verpillère).

La mise en œuvre du pisé de terre consiste à tasser de la terre légèrement humide entre des planches de bois (les banches), retenues par des tirants. Cette technique est l’ancêtre du pisé de mâchefer, qui utilise des résidus de combustion industriels entre 1850 et 1950 environ, puis des premiers « bétons banchés », dont le béton actuel est un descendant direct. C’est donc une filiation technique passionnante qui s’est tissée dans cette région entre la terre, le mâchefer et le béton. L’autre enseignement, qui pourrait bien se révéler précieux pour notre avenir, concerne les grandes qualités écologiques du matériau terre. Face aux menaces environnementales auxquelles nous sommes confrontés, il est de plus en plus évident que le recours aux matériaux employés dans l’architecture vernaculaire, la terre, la pierre, le bois, etc. sera une solution. En sachant tenir compte de ses forces et de ses faiblesses, en particulier sa fragilité à l’eau, la terre pourrait bien devenir l'un des matériaux de construction du futur.

Légende : l'immeuble mitoyen du milieu présente une façade (arrière sur cour) en pisé de terre visible et en briques sur la partie haute, 15 rue de l'Orangerie, Caluire-et-Cuire (Rhône), photo Anne-Sophie Clémençon 1981. Existe toujours en 2016. Les deux immeubles de part et d'autre sont en maçonnerie de pierres. A l'avant-plan les verrières des anciens ateliers.

Cette mise en ligne a été réalisée grâce à la Bibliothèque Diderot de Lyon, le CNRS, l’Ecole normale supérieure de Lyon et le laboratoire de recherche «Environnement / Ville / Société» (UMR 5600 de l’Université de Lyon). 

  • conception des séries : Anne-Sophie Clémençon et Anne Courant (ENS de Lyon – Bibliothèque Diderot de Lyon) 
  • numérisation et restauration des photos : Anne Courant 
  • administration de la base de données photothèque : Anne Courant 
  • expertise technique pour les photos : Vincent Brault (ENS de Lyon)
  • expertise sur la technique du pisé de terre : Emmanuel Mille (Craterre Grenoble).

 

sources complémentaires

photothèque de la Bibliothèque Diderot de Lyon

bibliographie sélective sur le pisé dans l’agglomération lyonnaise

  • Dominique Bertin, Anne-Sophie Clémençon, en collaboration avec Domar Idrissi,  « L'architecture en terre, un mode de construction urbain, le cas de Lyon et sa banlieue », dans François Cointeraux, 1740-1830, architecture de terre, Ministère de l'urbanisme et du logement, Secrétariat de la Recherche Architecturale, Paris, rapport 1° phase mars 1981, rapport 2° phase décembre 1981, rapport 3° et dernière phase mars 1983.
  • Dorothée Alex, Petit guide des architectures en pisé à Lyon, éditions CRATERRE, Ecole nationale d’architecture de Grenoble (ENSAG), 2012.
  • Laurent Baridon, Jean-Philippe Garric, Gilbert Richaud dir., Les leçons de la terre. François Cointeraux (1740-1730). Professeur d’architecture rurale, Paris, INHA/Ed. des Cendres, 2016.

l'inventaire participatif

  • Vous habitez, vivez ou travaillez dans des bâtiments en pisé ? Vous avez repéré du pisé dans votre voisinage ? Participez à l’inventaire participatif du bâti en pisé de la Métropole de Lyon pour nous aider à mieux connaitre ce patrimoine caché !
  • Retrouvez également cet inventaire dans les espaces de l’exposition Ma terre première pour construire demain présentée au musée (jusqu'au 17 juillet 2016).
  • Une question ? Contactez patrimoinepise@museedesconfluences.fr

Archives départementales du Rhône

  • Coopérative et caisse de retraite l'Avenir (112 J) : ce fonds témoigne de la construction en mâchefer à Lyon entre 1919 et 1992. Il comporte de nombreuses photographies de bâtiments construits selon cette technique. L'instrument de recherche est téléchargeable à partir du cadre de classement (série J/entreprises/sous-série 112 J).

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
27 Juin 2016
Crédits : 
ENS de Lyon - Anne-Sophie Clémençon