Musée des confluences

Machine de Carré

 

utilisation

Cette roue de Carré était destinée à l'étude et à la production d'électricité statique par frottement et influence : il est donc possible qu’elle ait appartenu à un laboratoire de physique, mais le parcours de cette machine n'est pas défini avec certitude.

Dans les premières années qui ont suivi la découverte des rayons X en 1895, les radiologues ne disposent en effet pas de générateurs adaptés pour alimenter les tubes à rayons X en haute tension : ils utilisent donc des instruments de physique plus anciens comme des roues électrostatiques pour pallier ce manque. Cette roue de Carré, qui délivrait une trop faible intensité, n’a sans doute pas fait partie d’un ensemble de radiologie, mais elle représente l'un des modèles classiques de machine électrostatique.

Dès le début des années 1900, ce type de machine est abandonné en radiologie au profit de générateurs plus performants comme les bobines de Ruhmkorff ou de Rochefort : c'est le cas dans l'ensemble de radiologie présenté dans l'exposition Espèces.

description

La machine de Carré, également appelée « machine à influence » ou roue de Carré, se compose de deux plateaux verticaux, l’un en verre et l’autre en ébonite, supportés par deux axes horizontaux en laiton. Ils sont situés à une faible distance l’un de l’autre et se recouvrent mutuellement sur trois quarts de leur rayon. Le disque inférieur est relié à une manivelle en bois, et passe entre deux coussins en cuir. Le disque supérieur possède un diamètre plus grand que le précédent. Il est actionné par un système de démultiplication d'une poulie fixée sur l'axe du plateau de verre, comportant la manivelle. Il est très proche d’un peigne en laiton qui aboutit à une tige articulée, formant un éclateur, elle-même située à une distance réglable d’un conducteur supérieur. Ce conducteur est un gros tube de laiton horizontal supporté par deux colonnes en verre avec un pied en ébonite. Il est complété dans sa partie inférieure par deux demi-anneaux, et dans sa partie supérieure par deux boules aux extrémités et par une tige centrale terminée par trois autres boules. L’ensemble repose sur un support en bois constituant le socle de la machine.

La manivelle et la courroie permettent de faire tourner les deux plateaux en sens inverse, à des vitesses différentes. Le disque inférieur en verre tourne lentement et vient frotter sur deux coussins en cuir. Il se charge donc positivement et vient agir par induction sur le peigne à travers le plateau d’ébonite en rotation rapide. Les charges transportées vers le conducteur supérieur génèrent un courant. Cette machine est réputée pour être peu sensible à l’humidité et permet d’obtenir des courants continus allant jusqu'à 50 kiloélectronvolts.

  • Matériaux : petit plateau et axes verticaux en verre, grand plateau et axes verticaux en ébonite, conducteur, connectique, axes horizontaux, peignes, tige en laiton, socle en bois, coussins en cuir.

expositions

  • Cette machine n'est actuellement pas exposée par les Hospices Civils de Lyon (HCL).
  • Sa notice est publiée en écho à l'exposition L'art et la machine présentée au musée des Confluences (13/10/2015-24/01/2016), car elle rappelle des objets présentés dans la première partie consacrée à la fascination de la machine.

bibliographie sélective

  • Amiel Michel, Chassard Jean-Louis, Mornex René, Histoire de rayons X, Lyon, HCL, collections Science et Histoire, 2007, p. 70-71.
  • Brinnel Heiner, "Les innovations rayonnantes", in Les Cahiers du musée des Confluences, volume 7 : innovation, Lyon, musée des Confluences, p. 141-158.
  • Gires Francis, L'empire de la physique, ASEISTE, 2006, p. 268.
  • Pallardy Guy, Pallardy Marie-José, Wackenheim Auguste (Dir.), Histoire illustrée de la radiologie, Paris, Roger Dacosta, 1989.

relation

Cet ensemble de radiologie a été collecté par Albert Renaud, ingénieur lyonnais en radiologie et passionné par l'histoire de cette discipline : il fait partie d'une collection de plus de 1 000 objets, léguée aux Hospices Civils de Lyon en 2003 et conservée par cet établissement.

source

Thèse de Séverine Derolez réalisée au musée des Confluences dans le cadre d'une convention CIFRE et de la mission PATSTEC (09/2012-01/2016) sur le patrimoine scientifique et technique contemporain.

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
22 Octobre 2015
Crédits : 
Hospices Civils de Lyon - collection Albert Renaud