Musée des confluences

Microscope simple à barillet

 

utilisation

Ce microscope simple permet d'observer des spécimens de tous types en se glissant aisément dans une poche. Avec sa fabrication en bois et son système de mise au point, l’instrument est caractéristique des débuts de la microscopie au XVIIe siècle. Le seul autre exemplaire connu est conservé au musée Boerhaave de Leyde.

description

Le microscope simple à barillet de Nicolas Hartsoecker (1656-1725) est composé d'un corps en [noyer], d'un ressort en laiton et de lentilles en verre. Le corps de l’instrument est constitué de deux tubes qui se vissent, dont l’un porte l’objectif et l’autre un condensateur. Le ressort en laiton permet de caler une lame de spécimens sur laquelle on peut faire la mise au point en vissant le premier tube.

L’instrument a été conçu et fabriqué par Nicolaas Hartsoeker, physicien et fabricant d'instruments originaire des Pays-Bas, qui a vécu à Paris entre 1684 et 1696 et à Heidelberg entre 1704 et 1716. Il s'est principalement intéressé à l'optique et à la fabrication de lentilles pour les télescopes. En 1678, il envoie à Christiaan Huygens deux microscopes simples munis d'une sorte de tube qui permet de supprimer la lumière parasite, et d'un verre servant à la condenser : Huygens s'en inspirera pour son propre microscope (2009.9.2). Il conçoit et fabrique également ce microscope à barillet en bois muni d'un condensateur, dont il publie le schéma dans son Essai de dioptrique en 1694 : ce modèle va inspirer James Wilson (2009.9.15) et Edmund Culpeper (2009.9.16) pour leurs microscopes à barillet.

exposition

Ce microscope est présenté dans l'exposition permanente Espèces, la maille du vivant dans la vitrine des microscopes qui aborde la relation homme-animal en Occident.

Les progrès techniques jouent un rôle important dans l’instauration de ce nouveau rapport au monde. L’apparition et le développement des microscopes contribuent à l’objectivation de la nature. L’observation à travers l’instrument en renforce la mise à distance.

L’arrivée du microscope simple marque le passage du monde visible au monde invisible. Avec une variété de formes, d'usages, de matériaux et de prix, il devient indispensable aux savants et curieux afin de dresser, peu à peu, le grand catalogue du monde vivant. Cet instrument, conçu et fabriqué par le hollandais Nicolas Hartsoecker, inaugure un système à vis et condensateur qui inspireront Christiaan Huygens et James Wilson.

Technological advances played an important role in establishing this new relationship with the world. The creation and development of microscopes contributed to the objectification of nature. Observation by means of an instrument increases the sense of distance between it and the observer.

The arrival of the simple microscope marked the passage from the visible to the invisible world. With a variety of forms, uses, materials and prices, it became indispensable to both scholars and the curious in assembling, little by little, the great catalogue of the living world.

bibliographie sélective

  • FOURNIER Marian, Early microscopes : a descriptive catalogue, Leiden, Museum Boerhaave, 2003.
  • GENERALI Dario et RATCLIFF Marc J., From makers to users : microscopes, markets, and scientific practices in the Seventeenth and Eighteenth Centuries, [Milan], Leo S. Olchki editore, 2007
  • GIORDANO Raymond V., Singular Beauty : simple microscopes from the Giordano collection, catologue of an exhibition at the MIT Museum September 1st 2006 to June 30th 2007, Cambridge, MIT museum, 2006.
  • GIORDANO Raymond V., The Discoverers’Lens : a photographic history of the simple microscopes (1680-1880), Tallmadge, Classical Science Press, 2012.
  • LA BERGE Ann, « The history of science and the history of microscopy », dans Perspectives on Science, MIT, volume 7.1, 1999, p. 111-142.
  • TURNER G. L’E., Essays on the history of the microscope, Oxford, Senecio publishing company ltd, 1980.

 

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
3 Décembre 2014
Crédits : 
Collection Giordano acquise avec le soutien de l’Institut Mérieux - Musée des Confluences (Lyon, France)