Musée des confluences

Shiva Nataraja

 

description

Cet objet fabriqué en bronze et fonte à la cire perdue, qui provient de l'Etat de Tamil Nadu en Inde du Sud, est composé d'une statue de Shiva à quatre bras insérée dans un cercle, le tout posé sur un socle circulaire.

D'après Roland Mourer dans l'ouvrage Cultures du monde paru en 2000 aux éditions EMCC, "le nom de Shiva - l’une des trois principales divinités du panthéon hindouiste -signifie « bon, gentil ». Représenté sous de multiples aspects, il est surtout populaire en Shiva Nataraja ("roi de la danse"). Il s'agit de Tandava, la danse cosmique au cours de laquelle le dieu produit un rythme qui détruit et crée le monde. Shiva est debout sur le nain Mûlakaya, symbolisant les passions humaines ou encore l'ignorance, et qu'il écrase de son pied droit. Il danse avec fureur au son du damaru, tambour à deux membranes et à boule fouettante, qu'il tient dans sa main droite supérieure. Dans sa main gauche supérieure brûle la flamme de la Connaissance. Les deux autres mains font l'une (la droite), le geste de l'absence de crainte ; quant à l'autre (la gauche), elle désigne le sol. De sa chevelure largement répandue émane une créature céleste qui représente Ganga, le Gange. En effet, la légende dit que Shiva en aurait amorti la chute, depuis le ciel, par ses cheveux, évitant ainsi à la terre d'être détruite par la violence du choc. Le dieu porte aussi le chignon des ascètes car il est la Parfait Yogin (pratiquant le yoga). Le halo de flammes autour de Shiva signifie qu'il consume les déirs dans le feu".

La chevelure comporte également une fleur de Datura, plante solanacée et toxique. Selon Richard Evans Schultes et Albert Hofmann dans l'ouvrage Les plantes des dieux. Les plantes hallucinogènes - Botanique et ethnologie paru en 1993 aux éditions du Lézard, "en Inde, le datura a été depuis longtemps associé au culte de Civa, dieu de la création et de la destruction".

Dans l'ouvrage Cultures du monde, chefs d'oeuvre du musée des Confluences paru en 2006 aux éditions Glénat, Deirdre Emmons précise les origines de la pièce : "A l'occasion de son voyage d'étude sur les religions d'Asie entre 1876 et 1877, Emile Guimet (1836-1918) parcourt pendant 8 jours l'Inde du Sud, de Colombo jusqu'à Madras. Ce trajet sera publié quelques années plus tard dans la revue de géographie Le tour du monde. Fondateur à Lyon en 1879 d'un musée des religions d'Extrême-Orient, Emile Guimet ne voit son oeuvre perdurer que quelques années avant d'être transférée à Paris dans l'actuel musée national des Arts asiatiques-Guimet. Il faut attendre 1913 et un dépôt de son musée parisien vers son nouveau musée lyonnais pour voir revenir des collections asiatiques. Pour l'Inde, bois de chars, figurines en bronze ou en cuivre, statues en pierre représentant les divinités de l'Inde viennent ornementer les salles lyonnaises. En 1998, la mise en dépôt de cette représentation en bronze de Shiva vient compléter cet ensemble. Pris dans un cercle de flammes symbolisant le cosmos et en appui sur le nain Apasmara purusa, figure de l'ignorance, Shiva crée et détruit les mondes dans une danse cosmique" qui illustre le mode ananda-tandava "violence et joie".

 

vue de détail, auteur inconnu, cote DMG18529

 

expositions

  • Cette pièce est présentée dans l'exposition Origines, les récits du monde, dans la dernière partie qui évoque les récits d’origine du monde.

A travers les cosmogonies anciennes, l’humanité se donne le moyen de raconter les commencements du monde. Le néant, dont la simple idée suscite l’angoisse, est un avant invivable, chaotique, ténébreux et confus. Il précède un surgissement plus ou moins violent, issu d’une division, d’une séparation, d’un combat. Alors, intervient une manifestation divine, seule capable de donner au monde un ordre apaisé et fécond.

L’hindouisme a fondé la Trimurti. Elle incarne, à travers trois divinités, le cycle de manifestation, conservation et dissolution de l’Univers. Brahma en est le créateur, Vishnou le protecteur et Shiva le détruit pour créer un monde nouveau.

Sous les traits du « danseur cosmique », Shiva Nataraja danse au centre d’un cercle de flammes représentant le cosmos. Il tient d’une main le tambour qui en rythme la création, et d’une autre, la flamme qui le détruit. Sous son pied, il écrase un démon, figure de l’ignorance.

In no matter which ancient cosmogony, humanity has found ways of describing the world’s origins. Nothingness, the mere idea of which causes anxiety, is an unbearable, chaotic, gloomy, and confusing state. It precedes a sometimes violent creation which is the result of division, separation, or struggle. Then, a divine manifestation intercedes, the only force capable of ensuring a state of calm and fertility in the world.

Shiva Nataraja, in the guise of the “cosmic dancer”, dances in the middle of a ring of fire which represents the cosmos. In one hand he holds the drum that gives creation its rhythm and in the other, the flame that destroys it. He is crushing a demon, a figure of ignorance, under his foot.

The Trimurti is the foundation of Hinduism. In the Trimurti, three divinities embody the cycles of the universe’s creation, preservation and destruction. Brahma creates it, Vishnu protects it and Shiva destroys it in order to create a new world.

  • En lien avec la thématique de la danse, elle fait écho à l'exposition temporaire Corps rebelles (13/09/16-05/03/17).
  • Cet objet a également été présenté dans l'exposition Le Musée des Confluences dévoile ses réserves au musée gallo-romain de Lyon Fourvière en 2011 (16 décembre 2010 - 8 mai 2011), dans la dernière partie consacrée à l'interdisciplinarité au coeur du projet du musée. 

sources complémentaires

archives

  • Oeuvres du musée des Arts asiatiques-Guimet, restitution du muséum d'histoire naturelle de Lyon au MGP ; statue de Shiva Nataraja (inv. DMG18529), dépôt par le MGP au muséum d'histoire naturelle de Lyon : courrier de Francis Macouin (17/07/1998), fax de Bovis (29/07/1998) (cote Amus2834).

bibliographie sélective

  • Côté Michel (Dir.), Cultures du monde, chefs d'oeuvre du musée des Confluences, aedelsa éditions et Glénat, 2006, p. 152-153 (cote 9292).
  • Guimet Emile, "Huit jours aux Indes", dans Charton Edouard (Dir.), Le tour du monde : nouveau journal des voyages, Paris, Hachette et Cie, 1885, tome 49 (cote REV 267_1885_49, non numérisé sur Gallica).
  • Milloué de Léon, Petit guide illustré au Musée Guimet, Paris, Ernest Leroux, 1910, p.67-69.
  • Ministère de la Culture, Dieux de l'Inde du Sud dans l'imagerie populaire, Paris, DMF, 1982, p. 21.
  • Mourer Roland (Dir.), Cultures du monde, Lyon, EMCC; Des objets qui racontent l'Histoire, 2000, p. 52-53.
  • Okada Amina, Sculptures indiennes du musée Guimet, Paris RMN, 2000, p. 207.

liens

Éditeur : 
Musée des Confluences
Modifié le : 
29 Juillet 2016
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon, France), dépôt du Musée national des arts asiatiques Guimet, Paris